J’AIME, 2013-2017

[English below]

FR
Nos téléphones portables sont devenus l’œil et le viseur, la prothèse et l’arme par lesquels nous sommes tous acteurs et diffuseurs d’images. Présentées sur un plan d’égalité, des images d’actualités, publicitaires ou de guerre sont alignées aux côtés d’images plus personnelles, de paysages ou de selfies, de moments de fun ou de distractions entres amis. Minutieusement réalisés à l’encre sur des Iphones manufacturés, faisant office de cadres, Matthieu traite ces sujets comme autant d’archives contemporaines. Travaillant point par point, en retirant l’excès d’encre à l’aide d’une estompe, le dessin semble mimer le traitement de l’information, comme noyé dans un bruit confus. De cette même implication dans le travail de représentation, les sujets deviennent presque similaires, indissociables, prétextant un même impact, comme faisant partie d’un même genre, d’une même Histoire. La charge émotionnelle de certains sujets se perd alors dans une vision globale, celle de ce paysage virtuel où défile l’histoire de nos images, et où la notion J’AIME devient une appréciation paradoxalement commune.

EN
Our cell phones have become the eye and the sight, the prosthesis and the weapon by which we are consumers and diffusers of images. Presented on the same plane, news, advertisements and war images are all equally aligned with personal images (landscapes, selfies, fun memories, interactions with friends, etc.) Painstakingly drawn with ink onto manufactured iPhones, acting as frames, Matthieu treats his subjects like contemporary archives. Working point by point and taking away excess ink with the help of a rubber, the drawings seem to mimic the treatment of information – drowning in a confused noise. With this same implication in representative work, the subjects become more and more similar, claiming the same impact, as part of the same genre and history. The emotional charge of certain subjects is then lost in a global vision – the virtual landscape where scrolling becomes the way of understanding history and where the notion « LIKE » becomes paradoxically commonplace.