Déplacements #2

Peintures
2018

Déplacements #2

Fiche technique

11 acrylique sur toiles
Dimensions variables
2018

Dans une chorégraphie de gestes et une théâtralisation millimétrée, des jeunes hommes se contorsionnent et flottent dans un espace qui paraît sans pesanteur ni gravité. Entreposées temporairement au sol, les toiles se tournent et se retournent, se déplacent à la guise du spectateur, tandis que les performeurs s’adaptent, se plient, se renversent, effectuent des rotations. Tels des danseurs, ils offrent un spectacle vivant qui instaure, à l’instar du break en musique, un moment de pause : tous les éléments d’une chanson, des voix aux basses, à l’exception des percussions, disparaissent. Sans contexte ni horizon, les corps se font l’écho de cette vibration, comme un rythme sourd et profond qui déborde du cadre et invite au hors-champ, à une autre histoire du déplacement.

Car si le déplacement évoque une circulation dans l’espace scénique, il est également synonyme de changement, d’affectation, de délocalisation, de course, de chute, de déportation, d’errance, d’immigration. Soudain ces performeurs, s’empoignant nerveusement les uns les autres, se révèlent sous un autre regard. Les titres énigmatiques, proche d’un numéro de matricule, se réfèrent à une autre localisation, celle de l’adresse URL, qu’un spectateur curieux pourra identifier sur son moteur de recherche d’images. Alors le noir et blanc retourne à la couleur, la vignette google nous arrache de cet instant suspendu pour recouvrer la réalité de vies cherchant à survivre.

Marion Zilio
Extrait du texte Déplacements